Immobilier·

Bilan immobilier 2025 et perspectives 2026 : les chiffres clés du notariat

Le Conseil supérieur du notariat dresse un bilan de l'année immobilière 2025, marquée par une reprise modérée, et livre ses projections pour 2026.

2025 : une année de stabilisation après deux ans de recul

Le marché immobilier français a connu en 2025 une phase de stabilisation, après deux années consécutives de baisse des volumes de transactions. Selon le bilan annuel présenté par le Conseil supérieur du notariat (CSN) le 8 décembre 2025, le nombre de transactions dans l'ancien s'est établi à environ 870 000 ventes sur l'ensemble de l'année 2025, contre 780 000 en 2024 et 875 000 en 2023.

Ce chiffre marque un rebond significatif par rapport au point bas de 2024, année au cours de laquelle le marché avait été pénalisé par des taux d'intérêt élevés (pic à 4,2 % en moyenne pour un crédit sur 20 ans au premier trimestre 2024, selon l'Observatoire Crédit Logement / CSA).

Source : notaires.fr — bilan immobilier 2025 ; Observatoire Crédit Logement / CSA.

Des prix en légère progression

Selon les indices Notaires-INSEE, les prix des logements anciens ont enregistré en 2025 :

  • Une hausse d'environ +1,5 % en Île-de-France (après une baisse de -5,8 % en 2024) ;
  • Une progression d'environ +2 % en province, portée par les métropoles régionales (Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes) ;
  • À Paris intra-muros, le prix moyen au m² s'est stabilisé autour de 9 500 €/m², en légère hausse après un recul marqué en 2023-2024.

Ces données, issues de la base BIEN (Île-de-France) et de la base PERVAL (province), gérées par le notariat, constituent la référence statistique la plus fiable sur les prix immobiliers en France.

Source : notaires.fr — indices Notaires-INSEE ; insee.fr.

Le facteur taux : le tournant du second semestre 2025

La détente progressive des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE), amorcée en juin 2024 et poursuivie tout au long de 2025, a constitué le principal facteur de soutien du marché. Le taux moyen des crédits immobiliers aux particuliers est revenu à environ 3,2 % sur 20 ans en décembre 2025 (source : Observatoire Crédit Logement / CSA), contre 4,2 % un an plus tôt.

Cette baisse a mécaniquement amélioré la capacité d'emprunt des ménages et relancé la production de crédits immobiliers, qui a progressé de près de 30 % en volume au second semestre 2025 par rapport au second semestre 2024, selon les données de la Banque de France.

Les disparités territoriales persistent

Le bilan 2025 confirme la persistance de fortes disparités territoriales :

  • Les métropoles régionales attractives (Lyon, Toulouse, Montpellier, Rennes) ont connu une reprise plus rapide, portée par la demande des jeunes actifs et des investisseurs ;
  • Les zones rurales et les villes moyennes ont affiché des dynamiques contrastées, certaines bénéficiant du mouvement de « ruralisation » post-Covid, d'autres souffrant d'un déficit d'attractivité ;
  • Le littoral atlantique et le Sud-Est restent des marchés tendus, avec des prix en hausse continue.

Perspectives 2026 : vers les 960 000 ventes ?

Dans ses projections communiquées le 8 décembre 2025, le CSN anticipe pour 2026 un volume de transactions dans l'ancien de l'ordre de 960 000 ventes, sous réserve de la poursuite de la détente des taux d'intérêt et de l'absence de choc macroéconomique majeur.

Cette projection repose sur plusieurs hypothèses :

  1. Des taux d'intérêt poursuivant leur baisse vers 2,8 % – 3 % sur 20 ans d'ici mi-2026 ;
  2. Un marché de l'emploi résilient, avec un taux de chômage stabilisé autour de 7,5 % (source : INSEE) ;
  3. L'absence de durcissement réglementaire majeur sur les conditions d'octroi de crédit (les normes du HCSF — Haut Conseil de stabilité financière — restant inchangées : taux d'effort maximal de 35 %, durée maximale de 25 ans).

Côté prix, le CSN anticipe une hausse modérée de l'ordre de +2 % tant en Île-de-France qu'en province, soit un rythme légèrement supérieur à l'inflation anticipée.

Ce que cela implique pour le notariat

Pour les études notariales, ces perspectives sont encourageantes après deux années difficiles ayant entraîné une baisse significative de l'activité et, pour certaines études, des mesures de chômage partiel.

La reprise attendue en 2026 devrait se traduire par :

  • Une augmentation du volume d'actes de vente à instrumenter ;
  • Un regain d'activité en matière de prêts hypothécaires et de mainlevées ;
  • Une sollicitation accrue des services de conseil, notamment en matière de fiscalité immobilière (impact des DMTO majorés, dispositifs d'investissement locatif).

Le CSN rappelle toutefois que le retour au niveau record de 2021 (1,2 million de transactions) n'est pas anticipé à court terme, le marché entrant dans une phase de normalisation après les excès de la période post-Covid.

Source : notaires.fr ; Conseil supérieur du notariat, conférence de presse du 8 décembre 2025.